27-02-2008

Qu’attendez-vous pour lire les poètes… qu’ils soient morts?

Le dé bleu du combat,

le guetteur qui sourit

quand sa lyre profère :

« Ce que je veux, sera ! »

René Char

Le 31 décembre 2009, nos éditions auront cessé définitivement leur aventure au bout de 35 années au service de la poésie contemporaine.

Notre Catalogue, et les stocks de livres, sera partagé, collection par collection, entre plusieurs éditeurs dont les coordonnées figurent dans la rubrique Commander nos livres. Merci de reporter sur eux la confiance que vous nous avez accordée.

affiche

Depuis 1974 , les éditions L’Idée bleue (qui ont succédé en 2004 à l’association « le dé bleu ») ont constitué un Catalogue de quelque 450 titres de poésie contemporaine.

Des poètes, la plupart du temps, quasi inconnus ou trop méconnus ; nous avons publié le premier (ou l’un des premiers) livre de plus de la moitié de nos auteurs, jouant ainsi un rôle de « découvreur » que l’on nous reconnaît volontiers aujourd’hui ; c’est ainsi que nous nous flattons (sans vergogne aucune !) d’avoir donné à lire des ouvrages de François de Cornière, Jean-Pierre Georges, Pierre Autin-Grenier, Alain Wexler, Claude Vercey, Roger Lahu…, plus récemment : Valéry Rouzeau, Albane Gellé, Magali Thuillier, Nolwenn Euzen, Aline Karnauch… Tout en amenant de nouveaux lecteurs à lire Georges L. Godeau, James Sacré, Georges Drano, Pascal Commère, Philippe Longchamp, Catherine Mafaraud ou encore Jacques Ancet.

Pendant ces 34 ans d’aventure éditoriale, nous avons enduré les affres de tous les éditeurs de création (ceux que d’aucuns qualifient de « petits ») que ce soient les habituelles nécessités de la vie ordinaire (payer le loyer, la facture de l’imprimeur, relancer quelques libraires — souvent, toujours les mêmes — pour des factures impayées, etc.) ou faire face à des situations périlleuses imprévues (faillites de distributeurs…). Nous avons aussi vécu des moments de joie franche tant par quelques marques de reconnaissance qui nous ont été accordées (Prix Apollinaire pour François de Cornière, réception à l’Ambassade d’Allemagne pour Jean-Paul Barbe, traducteur de Sarah Kirsch…) que par l’accueil du public des lecteurs de poésie pour quelques uns de nos livres, par ex. Pas revoir de Valérie Rouzeau vendu à 5000 ex. Tout l’un dans l’autre, l’équilibre est sauf. Et bien du plaisir encore s’éprouve chaque jour.

Cependant, toute aventure a une fin. Nous avons décidé d’être maître et ordonnateur de la nôtre. Qui sera effective en décembre 2009. D’ici là, des livres à paraître s’ajouteront à ceux déjà disponibles qui attendent des lecteurs. Ce dont souffrent les éditeurs de notre acabit, c’est d’un manque de lecteurs pour les livres qu’ils proposent.

N’attendez pas que les poètes soient morts pour les lire !

 

Publié par lideebleue dans Non classé | RSS 2.0

Une Réponse à “Qu’attendez-vous pour lire les poètes… qu’ils soient morts?”

  1. v dit :

    J’ai lu le livre sur l’édition poétique de L.Dubost et n’y ai pas vu l’oeuvre d’un
    éditeur exécrant les auteurs, mais les prétendus « auteurs » et les prétentieux  »
    auteurs » ; livre souvent drôle et certes peu charitable, mais être humaniste
    ce n’est pas être béni oui oui, mais savoir dire stop à ceux s’estimant dans
    la juste avancée de leurs pas, dans le but de les forcer à affronter
    leurs réalités en vue de leur amélioration, chose demandant du courage,
    et tout le monde n’en possède pas forcement !

    Je lui ai envoyé plusieurs tapuscrits et n’ai jamais obtenu la moindre forme de
    réponse que ce soit, agissant ainsi comme d’autres éditeurs. Mais un jour, lui
    ayant envoyé un mail pour lui demander où trouver un livre épuisé dans
    le commerce, livre que je ne pouvais acheter pour l’heure à cause de moyens
    financiers limités, il me l’a envoyé gratuitement, comme ça, sans attendre
    quoi que ce soit en retour… peu d’éditeurs donnent leurs livres, me semble t-il.

    Mais tout ça, le caractère de L.Dubost comme le petit ego survitaminé
    d’un aspirant auteur ou s’espérant comme tel, n’a strictement aucune
    importance.
    Seul compte le fait qu’une très importante maison d’édition ayant ouvert
    la porte à nombre de vrais auteurs et de vrais lecteurs, va s’éteindre, mourir.
    Dommage, oui, vraiment. J’espérais que la maison allait être reprise comme
    il en fût question, et avoue une certaine inquiétude. Toute maison d’édition
    indépendante qui meurt est le signe d’une liberté éditoriale
    et donc intellectuelle en possible danger d’uniformisation
    par des groupes économiques et politiques…
    paranoïa du complot ?
    Sans doute… j’espère n’être que paranoïaque et pas « devin » !!!!

    En attendant, il me tarde de recevoir les prochaines (et – sic – dernières)
    parutions de cette maison, et je souhaite
    à ce grand méchant pas beau qui assassine les espoirs de
    si brillants poètes inconnus qui restent inconnus (merci Brautigan !!!!)
    de couler de beaux jours de retraite où il pourra enfin nous transmettre à nouveau
    ses propres écrits poétiques.

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